FORMATION DES RELIGIEUX EN STAGE

Suite à la première session qui s’est tenu au mois de décembre 2019 et qui avait comme thème la vie spirituelle du religieux en stage, une deuxième session de formation a été tenue par le Père François, Responsable de la formation au Rwanda du 28 février et le 01 mars 2020 et portait sur le thème, la vie communautaire et observance de la règle et la vie académique du religieux en stage.

Concernant la vie communautaire et observance de la Règle, le Père François Birindwa a commencé par commenter le passage biblique qui présente la vie de la première Communauté chrétienne : « La multitude de ceux qui était devenus croyants n’avaient qu’un cœur et qu’une âme... »  (Ac4, 32-35). C’est à la lumière de cette parole de Dieu que les communautés religieuses s’inspirent. Toute vie communautaire est un appel à l’unité. Il s’agit d’un témoignage d’harmonie et de communion, qui transcende les différences, avec la grâce de Dieu. La vie communautaire est une réponse à Dieu qui nous appelle à une pratique parfaite de la charité. Elle reflète l’amour du Dieu unique. Lorsqu’on est bien intégré dans la communauté, l’observance de la règle devient facile ; ceci à travers le respect de l’horaire, le bon accomplissement des taches imparties, l’assiduité à la prière, etc. Ainsi, le programme personnel du religieux doit être en conformité avec l’esprit de la règle et inséré dans celui de la communauté.

Le Père a insisté sur quelques orientations qui doivent aider le religieux en stage à bien vivre en communauté et observer la Règle. Il s’agit de :- Intérêt ou attention : c’est une manifestation de l’amour. Elle jailli du cœur qui qui se laisse fléchir par la situation des autres comme Jésus devant les foules. Le cœur du stagiaire doit être un reflet de compassion, de soins, de pardon et de charité. Il doit accepter les corrections, les suggestions et conseils comme signe d’intérêt ; il a aussi le devoir de rappeler et de donner des corrections fraternelles. Bienséance et correction : la bienséance traduit en quelque sorte la grâce ou le prudent caractère dans la manière de poser des actes : parler, communiquer, manger, corriger, etc. Il s’agit d’un chemin, d’une manière de bien garder notre mystère de charité, de correspondre à notre vocation d’homme, de chrétien, de religieux rogationniste. Sachant que les jeunes le regardent comme un modèle, le stagiaire doit se forcer de donner de bons exemples dans ses paroles et dans ses actes. Esprit d’appartenance : c’est une disposition interne et externe d’être avec les autres. Elle aide à construire la communion et la fraternité. Elle nous pousse et nous motive à prendre soins des personnes et de tout ce qui est dans la communauté. Le stagiaire doit nourrir ce bon rapport envers les confrères et partager ses expériences (cf. Ratio institutionis no61). Empathie : L’empathie peut s’expliquer par l’action de comprendre, d’être conscient de, sensible à,  et diversement faire l’expérience de sentir, penser la douleur de l’autre. Elle a pour rôle de renforcer la vie communautaire et le vivre ensemble. Cela nécessite donc l’ouverture, la communication (Ratio 461) dans un esprit de famille, d’estime et de confiance. Il faut manifester une grande sensibilité aux membres de la communauté, en particulier en donnant un support à ceux qui en ont besoin. Ainsi, la communion s’établit et le bonheur s’en suit.

D’autres orientations concernent la capacité de résoudre des conflits, le dialogue et l’utilisation du temps libre. Chacune de ces orientations impose aux religieux en stage certaines actions à réaliser comme pratique de la vie communautaire.

Concernant la vie académique :

Pendant le stage, le religieux fait l’expérience de l’apostolat de la congrégation. Il se prépare aussi au ministère sacerdotal. Sa tache peut l’obliger à se ressourcer intellectuellement ou lui-même peut en sentir la nécessité. C’est pourquoi la formation académique reste primordiale ; autrement, cela peut avoir un impact négatif sur son intelligence et sur sa capacité à bien affronter les études théologiques. Saint Hannibal pensait qu’un aspirant qui n’a pas de gout pour les études n’a pas non plus de vocation au sacerdoce. Un stagiaire doit réaliser l’importance de l’étude dans sa formation. Pour les stagiaires, l’expérience de la formation académique n’est pas une priorité, mais elle n’est pas non plus la dernière des choses. C’est un moment opportun d’exploiter des bibliothèques, surtout les livres importants, et prioritairement ceux qui traitent de ses études futures. Hors de son pays, le stagiaire étranger peut aussi apprendre la nouvelle culture. Le stagiaire doit se disposer pour la nouvelle vie comme étudiant en en théologie pour les années qui vont suivre. Il est donc important qu’il garde l’habitude d’étudier. Ainsi, ces études devront être orientées vers les disciplines théologiques. Il choisira donc des livres qui aident à préparer la théologie : Bible, catéchisme, documents conciliaires, revues théologiques, Encycliques, etc. Un échange et débat entre les religieux et les Pères François Birindwa et Eugène Ntawigenera ont couronné la session.